
Lors du Web2day, Marcy Ericka Charollois est venue rappeler la responsabilité des designers, product managers et développeurs dans l’inclusion de tous les utilisateurs.
La responsabilité de l’inclusion numérique : un appel aux designers, gestionnaires de produits et développeurs
Au Web2day, Marcy Ericka Charollois, consultante en inclusion numérique, a souligné l’importance de l’inclusion de tous les utilisateurs lors de la conception d’expériences numériques. Elle a relevé une tendance à se concentrer sur un groupe restreint d’utilisateurs, souvent ceux qui sont majoritaires ou qui ressemblent aux concepteurs eux-mêmes, alors que tous les utilisateurs méritent une attention équivalente. La non-inclusion peut entraîner des expériences utilisateur déshumanisantes, voire discriminatoires, dont Charollois a été témoin au cours de sa carrière multiculturelle.
Des failles dans l’inclusion numérique : des exemples édifiants
Le biais de conception est fréquent dans l’industrie numérique, avec des produits conçus principalement pour des hommes blancs, hétérosexuels, en bonne santé et aisés. Ce biais peut créer des obstacles pour ceux qui ne correspondent pas à ce profil « normatif ». Par exemple, les systèmes de reconnaissance faciale comme FaceID ne reconnaissent pas les visages tatoués de certaines tribus maoris, berbères et africaines. De plus, des applications qui proposent des filtres pour « améliorer » l’apparence peuvent intégrer des procédés blanchissants, ce qui peut être perçu comme une discrimination.
Le pouvoir des mots : un impact sur l’inclusion numérique
Dans le domaine numérique, la terminologie utilisée peut aussi influencer l’inclusion. Par exemple, les développeurs sont encouragés à éviter des termes comme « master/slave » ou « blacklist ». De même, le terme « backlog grooming » utilisé dans les équipes scrum pourrait être remplacé par « backlog refinement » pour éviter une connotation négative en anglais. Une terminologie inclusive et respectueuse est donc essentielle.
Vers des expériences numériques plus inclusives : des conseils pratiques
Selon Charollois, plusieurs actions peuvent être mises en place pour promouvoir l’inclusion numérique. Par exemple, les concepteurs peuvent choisir d’utiliser des emojis et des images diversifiés, ou prendre en compte les perceptions culturelles locales des couleurs. Les formulaires d’inscription peuvent être conçus pour accepter une variété de noms, y compris des noms très courts, longs, ou sans prénom. De plus, les interfaces peuvent être adaptées pour différents sens de lecture.
Conclusion : l’inclusion numérique est l’affaire de tous
L’inclusion numérique est une responsabilité partagée entre tous les acteurs impliqués dans la conception de produits numériques, des designers aux développeurs, en passant par les gestionnaires de produits, les décideurs et les rédacteurs. Il est essentiel de sensibiliser ces acteurs à l’importance de l’inclusion et de les encourager à prendre des mesures pour maximiser l’impact positif de leurs produits sur tous les utilisateurs.
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